Mais… qu’y-a-t-il au delà de la forêt ?

Qu’y-a-t-il au-delà ? Au-delà de ma chambre, de ma ville, de mes amis, de ma famille ? Au-delà de la Terre ? De la voie lactée ? De l’univers ? Voilà une question existentielle qui vient tous nous tarauder un jour ou l’autre ! C’est pour répondre à cette ancestrale question que la père d’Arthur se lance dans un projet insensé : il décide de monter, pierre après pierre, une immense tour qui lui permettrait de voir… Au-delà de la forêt. Il entraîne alors son jeune fils dans son incroyable projet. A force de volonté, à force de travail, à force de soutien, notre famille de lapins semble parvenir à ses fins…

Au-delà de la forêt de Gérard Dubois et Nadine Robert.-Seuil jeunesse

Colette : Au seuil de l’album, une couverture qui nous accueille avec son titre énigmatique, précieuse invitation au voyage : Au delà de la forêt… Et deux lapins anthropomorphisés qui gravissent un je-ne-sais-quoi de pierres sombres. Sur quelles hypothèses de lecture êtes-vous parties en découvrant ce livre ?

Pépita : Je suis partie sur une aventure entre un parent et un enfant. Mais aussi à une ascension difficile et ardue avec ce fil d’attache qui les relie dans l’escalade.

Isabelle : Toutes les hypothèses sont possibles avec cette couverture qui instaure immédiatement le suspense ! Puisque le titre annonce, comme tu le rappelles, qu’il s’agit d’aller “au-delà de la forêt”, mais la couverture ne nous montre pas grand-chose avec cette focale très resserrée sur les deux héros… Cela nous place un peu dans la même situation qu’eux : on devine l’ampleur de l’obstacle à franchir, mais notre regard est cantonné à l’horizon limité des deux lapins. Au-delà, tout est donc envisageable, du plus merveilleux au plus terrifiant… J’ai trouvé cela très intriguant et la curiosité a aussi gagné tout de suite mes garçons avec qui j’ai lu cet album !

Bouma : Pour moi, le titre comme la couverture ont tout du livre d’aventure. Je m’attendais donc à traverser une épaisse forêt aux mille dangers, à naviguer entre les arbres… pour atteindre un monde mystérieux.

Colette : Et effectivement aventure il va y avoir dans un endroit que nous découvrons dès les premières pages : une forêt dense et obscure présentée comme « habitée par des loups, des ogres et des blaireaux ». A quoi avez-vous associé cette forêt ?Pépita : Je l’ai clairement associée aux légendes à cause des mots “loups” et “ogres”, mais le mot “blaireaux” m’a fait sourire car on peut le prendre à différents niveaux. Cela rajoute de la légèreté au coté obscur de cette forêt. Quoique l’animal blaireau ne soit pas très sympathique non plus !

Isabelle : La forêt représentée sur l’album est effectivement pour le moins sombre et dense. De quoi frissonner et voir défiler immédiatement dans sa tête toutes sortes de forêts effrayantes issues des contes et histoires de notre enfance – surtout à l’évocation des “loups et des ogres” ! Mais la référence teintée d’ironie aux “blaireaux géants” a tout de suite détendu l’atmosphère ! D’un point de vue symbolique, ce thème m’a beaucoup parlé car j’y ai vu une manière de parler de tous les obstacles qui semblent d’autant plus infranchissables qu’on ne s’en est jamais approché.

Bouma : Je rejoins mes camarades sur le jeu de mots autour des contes (avec le côté malicieux-méfiant sur les blaireaux). Mais je trouve vraiment qu’elle incarne quelque chose à elle toute-seule, comme une entité entière et pleine de laquelle émergeraient ces habitants pas comme les autres.

Colette : La petite famille que nous découvrons est composée d’un jeune lapin, de son père et de leur chien Danton. Qui avez-vous préféré ? Et pourquoi ?Pépita : Ouh là ! Difficile à dire ! J’ai bien aimé de suite leur relation pleine de confiance, de complicité et d’entraide.

Bouma : Difficile de dissocier les personnages de cette famille tant ils sont solidaires les uns des autres. Après, comme Pépita, je me suis plus identifiée au narrateur, le jeune lapin, et j’ai admiré la détermination et l’espoir qui se dégageait de la figure paternelle.

Isabelle : Découvrant l’histoire à travers les yeux du jeune lapin, il est difficile de ne pas ressentir de tendresse à l’égard du père : curieux, hardi et volontaire, il développe une idée folle, littéralement “gigantesque”, du type de celles que peuvent en réalité seulement avoir les enfants – de quoi susciter l’enthousiasme de ses petits lecteurs ! Le jeune héros est très sympathique également : on sent toute l’admiration qu’il a pour son père, mais aussi son souci de l’aider et de le soutenir dans son projet.

Colette : Quant à moi justement c’est la figure du père que j’ai vraiment trouvée enthousiasmante : le père a un projet et met tout en œuvre pour aller jusqu’au bout de son projet, avec une simplicité et une sincérité si vraies qu’il peut entraîner son fils avec lui entièrement, intensément. Il y a une complicité rare entre le père et le fils, une complicité que je trouve précieuse, à offrir comme un trésor à nos jeunes lecteurs et à leurs parents. Que diriez-vous du projet qui guide leur quotidien le temps de l’album ? Comment avez-vous interprété l’ambition du père de l’histoire ?

Bouma : Pour moi, il est apparu comme une échappatoire, un but à atteindre coûte que coûte, de celui dans lequel on est capable de se lancer pour oublier. L’absence d’une mère, la rudesse de la vie ou les choix de l’existence, peut-être ?

Pépita : Oui c’est ça : une envie de se prouver quelque chose ou bien de retrouver son rêve d’enfant et de le partager avec son fils. De se confronter à ses limites aussi pour les repousser.

Isabelle : Comme vous, j’y ai vu une dimension de défi, de dépassement, avec aussi un petit côté subversif : ce père qui ne s’arrête pas aux histoires qu’on raconte et qui décide de faire ce qu’apparemment personne n’a jamais osé entreprendre jusque-là. Ce que j’ai trouvé sympathique, c’est qu’il n’agit pas en héros tout-puissant, mais s’efforce plutôt de fédérer de plus en plus largement autour de son idée.
Et il y a quelque chose de délicieusement enfantin dans cette idée de tester, voire de repousser ses limites, comme le dit Pépita. Quel enfant ne s’est pas lancé dans la construction de la tour la plus haute, du collier le plus long, etc.? En tout cas, les miens se sont immédiatement identifiés au projet qui les a littéralement enthousiasmés !

Colette : Et ce qui m’a semblé tout à fait génial et intéressant dans le projet du père, c’est que ce projet se base sur le TRAVAIL, une valeur dont il est finalement peu question dans l’album contemporain, surtout qu’ici c’est une valeur très positive. Le travail a en effet une place centrale dans cet album : avez-vous adhéré à l’image qui en est donnée ?

Pépita : Oui tu as raison de le souligner car quelle entreprise tout de même ! Oui j’ai beaucoup aimé car au début, il y a l’idée, puis son partage et puis l’ébauche de plan à deux. Enfin, on s’y met et on découvre la fatigue et le découragement. Puis vient le rebond et la solidarité via l’idée de ce troc qui se rajoute. J’ai trouvé que cela allait plus loin que la simple démonstration du travail. C’est un système qui est décrit là…vers quoi tendre à nouveau ?

Bouma : Moi je n’en ai pas du tout fait cette lecture. La persévérance et l’effort ne sont pas forcément liés au travail pour moi. D’autant plus que ce père est boulanger en premier lieu. Par contre, j’y ai lu la force que représentent une foule, une société quand elles se mettent à avancer ensemble. On pourrait presque y voir une métaphore de l’expression “déplacer les montagnes”.

Isabelle : Tout ce que vous dites est vraiment intéressant et vos interprétations me parlent toutes énormément. Je n’y ai pas réfléchi sur le moment, mais la lecture de cet album nous a laissé, à mes garçons et à moi, un sentiment intense de bien-être et d’accomplissement. Rétrospectivement, je pense que cela vient à la fois de la satisfaction de voir ce projet prendre forme et progresser efficacement, de l’ivresse d’avoir repoussé des limites qui semblaient infranchissables et du bel élan collectif suscité par cette entreprise… Tout cela fait vraiment du bien ! Et c’est vrai, ce que tu dis Pépita : ce travail n’est pas seulement enthousiasmant parce qu’il est achevé avec brio, mais aussi parce qu’il s’organise dans un esprit d’entraide qui n’a rien à voir avec l’organisation du travail dans les entreprises traditionnelles.

Colette : Comme vous le soulignez toutes, cet album offre une symbolique très très riche : on y parle de solidarité, de famille, de coopération, de société, d’idéal à atteindre, de rêve à construire… de l’autre aussi, cet étranger si semblable à nous. Quel aspect de cette fable vous a le plus touchée ?

Isabelle : En effet, tu as tout à fait raison de le souligner ! Pour ma part, j’ai été avant tout emballée par le côté presque révolutionnaire de ce que tu appelles joliment “rêve à construire”. Mais aussi très touchée par la belle solidarité et les formes de partage qui émergent dans le village autour de ce rêve. Des valeurs qui font trop souvent défaut, mais qui parlent spontanément aux enfants !

Pépita : Ce qui m’a vraiment le plus touchée, c’est la réponse du fils lapin à l’épuisement de son père et l’élan de solidarité qui suit : ça met du baume au cœur de voir que tous œuvrent pour une construction dont ils ne connaissent finalement pas l’issue, seulement être là sans arrière pensées. C’est très positif !

Isabelle : Ce qui met aussi du baume au cœur, façon madeleine de Proust, c’est le côté “vintage” des illustrations qui m’ont évoqué ma propre enfance. L’objet-livre est très beau, avec sa couverture rigide et texturée et un côté rétro des illustrations, travaillé jusque dans les moindres détails – graphismes, couleurs un peu estompées… Cela donne au livre des allures de contes et un effet réconfortant – on croirait presque retrouver un album de Beatrix Potter, non ?

Bouma : une belle image effectivement et des valeurs qui parlent à tous, petits et grands. Et comme Isabelle, j’ai craqué pour l’aspect vintage de cet album aux couleurs surannées.

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Et si vous souhaitez en savoir plus :

Et sur nos sélections thématiques sur le thème de la forêt : Forêts fabuleuses et Forêts magiques et mystérieuses.

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Lectures sur l’île papillon…

Contrairement à Mallarmé, jamais je ne me dis :

“La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres !”

Car à l’ombre du grand arbre sont nées des amitiés qui ne cessent de nourrir mon imaginaire d’une pagaille de récits, de contes, d’images et de poésies ! C’est donc les paupières gonflées de rêves de lectures que j’ai glissé dans ma valise 4 livres pour occuper mes soirées guadeloupéennes bercées par la “brise marine”. Oui car cette année nous avions décidé de “Fuir là-bas, fuir !” Et quel enchantement ! Pour vous dire vrai c’est la nature, ses chants incroyables, sa lumière enveloppante, sa végétation luxuriante qui, plus que les mots couchés sur le papier, m’ont fait cette année tourbillonner. Mais comme je n’arrivais pas à dormir, mes compères d’encre noire ont été de précieux compagnons de voyage, remplaçants les rêves vers lesquels je ne pouvais me laisser aller.

Il y a eu, tout d’abord, un roman de littérature générale dont on m’avait beaucoup parlé : La tresse de Laëtitia Colombani, publié chez Grasset, lu dans la galerie d’une jolie case créole de Saint-François. Puis il y a eu Gustave Eiffel et les âmes de fer, de Flore Vesco, terminé sur la plage de Malendure :

Et l’intense D’un trait de fusain, de Cathy Ytak, publié aux éditions Talents hauts, dévoré plusieurs nuits d’affilée dans notre chambre visitée par les anolis à Bouillante, au coeur de la forêt tropicaleAvant de rentrer, pour me reconnecter à nos projets familiaux, j’ai entamé non loin du magnifique jardin botanique de Deshais le best seller du zéro déchet, prêté par une amie, qui elle-même le tenait d’une amie :

Voyez un peu mes lectures hétéroclites de l’été ! Et je regrettai de n’avoir point emporté de poésie pour habiter ce fabuleux voyage, car sans cesse debout face aux paysages captivants de cette île papillon,

pensant à mes amies d’À l’ombre du grand arbre, j’entendais le chant de Baudelaire,  :

“Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas
vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble ! “

Aimé, un prénom pas comme les autres …

Aimé de Claire Clément et Benjamin Strickler, publié aux éditions Talents hauts est un petit roman, de ceux que l’on peut proposer en premières lectures. Un petit roman qui dresse le portrait tendre et très cruel de cette enfance qui raille aussi bien qu’elle joue, qui blesse autant qu’elle caresse.

Un petit roman qui nous a questionnées sur le rôle des prénoms que les parents donnent à leurs enfants, sur leur portée symbolique, sur ce que nous y mettons et sur ce qui nous échappe. D’ailleurs nommer, n’est-ce pas le début d’exister ?

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Colette : En lisant le titre de ce petit roman, qu’est-ce que vous avez imaginé ? A quoi vous a fait pensé ce petit mot tout simple “Aimé” ?

Pépita : Tout de suite à un enfant désiré très fort. Si fort que le prénom qu’il portera toute sa vie en sera la preuve vivante….mais parfois lourd à porter non cette si belle intention ?

Sophie : J’ai tout de suite compris qu’il s’agissait du prénom de ce petit garçon sur la couverture. On imagine que cela est synonyme de l’importance de sa naissance et de l’amour qui l’entoure. Et en même temps, le nuage noir qui sert de fond au prénom présage qu’il n’est pas si simple à porter.

Colette : Pour la maman du petit héros de ce livre, le prénom de son fils recèle une vraie force symbolique qu’elle lui explicite très clairement : « Aimé, tu es l’enfant de l’amour, du plus grand amour de toute ma vie. ».

Quelle importance a pour vous le prénom que l’on porte ou que l’on donne à ses enfants ? Pensez-vous que cela soit important d’expliquer le choix de son prénom à son enfant et que cela lui donne des clés, une force, une confiance particulière… ?

Sophie : Je ne sais pas si c’est si facile que ça. Bien sûr parfois, le prénom que l’on donne est fort de symbole ce qui peut le rendre lourd à porter. Mais d’autre fois, il s’impose aussi comme une évidence sans que les parents ne comprennent vraiment : une sonorité, une référence plus ou moins précise. Je ne doute pas qu’un prénom puisse influencer celui qui le porte, mais je pense que c’est surtout l’inverse : celui qui le porte va lui donner un sens pour les autres.

Colette : Un prénom lourd à porter en effet dans ce petit roman, non pas parce qu’il est riche d’une précieuse symbolique pour les parents du petit garçons mais parce que les élèves de l’école de notre petit héros s’en moquent ouvertement : «Aimé-mé-mé, si tu crois qu’on va t’aimer. » En parlant de ce roman avec des enseignants notamment, j’ai entendu “encore un livre sur le harcèlement”… est-ce vraiment encore un livre sur le harcèlement à vos yeux ?

Pépita : Je ne parlerais pas de harcèlement non mais de moqueries qui pourraient déboucher sur un harcèlement si rien n’était fait. Heureusement, Aimé s’en sort ! C’est tout de même une lecture qui s’adresse à de jeunes lecteurs et on est chez Talents hauts, un éditeur qui sait aborder des sujets lourds avec tact et intelligence. Je trouve que c’est un raccourci qui démontre la proportion de l’adulte à interpréter.

Et si vous souhaitez lire l’avis complet de mes copinautes :

  • pour Bouma c’est par là  
  • pour Pépita c’est par ici
  • pour Sophie c’est tout droit.

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Après cette lecture commune, nous nous sommes offerts une joyeuse digression sur le choix des prénoms de nos enfants, de nos pseudos ou des noms de nos animaux ! Je vous en livre ici quelques bribes :

Nos enfants

Colette : en amoureuse inconditionnelle des mots, j’ai toujours eu une passion pour l’étymologie, alors je voulais des prénoms qui avaient un secret caché dans leur étymologie pour mes garçons, un prénom qui raconte déjà une histoire dans le mystère de ses origines. Il y a tout ce que représente pour nous l’enfant dans le choix de leur prénom : quelque chose de sacré, quelque chose de généreux et quelque chose d’ancestral.

Solectrice : Pour les prénoms de mes filles, comme on aime voyager, on voulait des prénoms internationaux et de deux syllabes (comme leur nom est déjà long). Comme Colette, j’attachais aussi de l’importance à l’étymologie : l’une est liée à la lumière, l’autre à la noblesse.

Pépita :  j’aime particulièrement les prénoms “anciens”, je les associe souvent à des personnes âgées et cela m’émeut souvent, je ne saurais dire pourquoi. Après dans mon travail, je côtoie tellement de prénoms de culture étrangère, avec leur musique toute différente que ma foi, je prends les prénoms comme ils viennent et que je m’attache surtout à mettre un visage dessus. C’est un minimum je trouve. Et ce n’est pas toujours facile.

Alice : Choisir le prénom de ses enfants … c’est pas toujours évident… parce qu’on est deux… que cela appelle des souvenirs, des images, ….et je trouve que c’est encore plus difficile pour le deuxième que pour l’aîné. Le prénom de notre aînée était acté, alors qu’elle n’était même pas en route ! Pour le petit frère, j’aurais aimé un prénom plus original, moins courant. D’ailleurs avec le temps, je trouve qu’il l’aurait mieux porté, que cela correspondrait plus à sa personnalité ! Mais mon meilleur souvenir dans tout ça, c’est de ne jamais avoir voulu connaître le sexe de mes enfants avant naissance. J’ai adoré ça ! Fille/ garçon, peu importe ! Juste 4 prénoms à choisir au lieu de deux !

Nos animaux

Sophie : Pour les animaux, on puise notre inspirations dans la force des chevaliers du zodiaque. Nos 4 rats : Shaka, Dohko, Milo et Camus. Et les 2 chichis : Shina et Yuna.

Pépita : Alors nos animaux, c’est notre chatte pelote qui a lancé le P : ça fera 10 ans cette année. Et puis on a eu des lapins : blanche-neige, grisette, Indiana , Pan pan (arrivée du P de Pelote) et puis nos poules ! Panache le coq, et deux autres depuis : Portos ( plume blanche dans sa belle queue noire), Pisabeau ( on pensait que c’était une poule couleur isabelle alors on l’a rebaptisé), Prudence, Paula ( référence à l’album) et Plumette (référence à un autre album). Ce sont souvent les enfants qui trouvent et on rigole bien ! On attend toujours un peu pour trouver une caractéristique chez l’animal qui pourrait nous inspirer, du coup on a encore deux poules à baptiser….

Nos pseudos

Pépita : pour Pépita ça m’est venu comme ça par rapport à la chanson “Pépito mi corazon” que j’ai mis au féminin.

Bouma : puisqu’on parle des pseudos : Bouma est tout simplement la contraction de mes deux noms de famille, un surnom donné par mes copains d’IUT et qui est resté.
au final je me rends compte que j’attache beaucoup d’importance à porter le nom de mes deux parents et comme je ne pouvais en transmettre qu’un seul à mes enfants, je n’en ai donné aucun, pas de jaloux !

Colette (qui s’appelle aussi Ada de temps en temps ) : Ada, c’est l’héroïne de la Leçon de piano, premier film d’une absolue poésie découvert à l’adolescence. Même si cette femme étrange et muette ne me ressemble pas du tout, son prénom était pour moi d’une lumineuse étrangeté.

Voilà où nous mène la littérature jeunesse quand elle est délicate, subtile, tendre et VRAIE, elle nous invite aux partages, à l’identification, aux questionnements. A l’échange, terreau si précieux pour que pousse notre grand arbre.

 

 

On the road, nos coups de coeur de vacances…

Chaque été,  l’arbronaute profite des beaux jours pour prendre la poudre d’escampette et un bon bol d’air. Mais où que l’arbronaute se rende, son œil s’arrête sur la vitrine d’une librairie. C’est une vérité imparable : où qu’elle soit, l’arbronaute se pâme devant les couvertures bariolées de livres enchantés, qui sont pour elle autant de promesses d’autres poudres d’escampette, d’autres bons bols d’air à goulûment avaler ! Alors comme l’arbronaute est résolument généreuse, elle souhaite partager son trésor, son préciiiiiieux trésor avec vous.

 

Map And Compass by gnokii

 

La collectionneuse de papillon, qui a filé sur les routes tortueuses du Portugal, a succombé au charme mystérieux de la plus ancienne librairie du monde, la livraria Bertrand de Lisbonne. Et c’est là, entre les rayonnages de bois noir qu’elle découvrit un petit album sans texte absolument magnifique : O Regresso de Natalia Chernysheva.

 

Map And Compass by gnokii

 

Pépita et son Méli-Mélo de livres a filé sur les routes anglaises, et plus particulièrement au Pays de Galles. Le fait de rouler à gauche ne l’a pas empêchée de trouver les chemins qui mènent vers les livres. Entre les visites de jardins somptueux, de musées envoûtants et de haltes cream tea et autres, sans oublier quelques gouttes de pluie, des livres croisés plusieurs fois sur sa route lui ont fait un tel clin d’œil qu’elle n’a pas pu résister à se les procurer. En voici deux et même un petit article qui leur est consacré.

 

Map And Compass by gnokii

 

Aurélie d’Atelier de cœurs est restée en France pour ses vacances mais a bien aimé Mon imagier de Bretagne.  Un imagier humoristique où l’on retrouve les caractéristiques de la région. Ce week-end, des amis revenant du Canada ont offert un livre à son fils : Comment ne pas se faire manger par les ours.  Un livre à interaction à découvrir dans un article.

 

Map And Compass by gnokii

 

Les Lutines sont parties en Russie et dans leur périple, elles ont rencontré des héros familiers aux noms étrangement orthographiés…

Pour finir, on a rapporté un petit conte russe “Coroka-beloboka” (la pie grièche) joliment illustré.

                                 

Découvrez d’autres titres en alphabet cyrillique dans ce petit article.

 

Map And Compass by gnokii

 

Sophie, quant à elle, a parcouru les librairies d’ouest en est. C’est ainsi qu’elle a découvert la toute nouvelle librairie rennaise La nuit des temps et qu’elle a retrouvé sa librairie de vacances en famille à Bar-Le-Duc La fabrique.
Au programme des achats, il y avait des romans dont Je suis ton soleil que vous devriez retrouver bientôt par ici et le dernier Martine Pouchain, des documentaires (tous n’ont pas eu le temps d’être pris en photo avec que l’Enfant se les approprie), un classique choisi par le futur grand frère.
Au milieu de tout ça, un livre que a déjà vu deux continents et traverser un océan “Little America” tout droit venu de la côté Ouest des États-Unis.

 

Map And Compass by gnokii

Le top 5 de la collectionneuse de papillons

A l’heure de faire un peu de ménage dans ma collection de papillons, vint une question lancinante : quels seraient donc les 5 livres de littérature jeunesse que je mettrais absolument, amoureusement  dans ma valise d’entomologiste ?

1

Et bien sans aucun doute, j’emporterai tout d’abord La Rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat.

C’est avec ce petit roman que je suis entrée en littérature jeunesse sur les conseils de ma tutrice de stage en collège quand j’ai débuté en tant qu’enseignante (une prof de lettres incroyable qui a marqué à jamais ma manière d’enseigner !) Et c’est avec ce petit roman que j’aime commencer l’année avec mes apprentis collégiens. Parce que dans ces quelques pages, on trouvera la quintessence de ce qui fait l’aventure littéraire, une quête initiatique à la découverte de soi, de l’autre et du monde particulièrement poétique. Un jeune orphelin, Tomek, va se lancer dans un voyage improbable à la recherche d’une jeune fille, Hannah, qui lui a demandé en entrant dans sa petite épicerie de l’eau de la rivière Qjar, une rivière qui coule à l’envers… Il y a de quoi être intrigué ! Et quand l’amour semble naître en même temps que le mystère, alors il ne reste plus qu’une réponse possible : partir !

J’avais d’ailleurs partagé à l’ombre du grand arbre mon coup de cœur pour ce livre avec mon fils aîné et nous en avions fait ensemble une lecture commune : c’est par là !

“Ainsi vous avez tout dans votre magasin ? demanda la jeune fille. Vraiment tout ?” Tomek se trouva un peu embarrassé : “Oui… enfin tout le nécessaire…” “Alors, dit la petite voix fragile, alors vous aurez peut-être… de l’eau de la rivière Qjar ?” Tomek ignorait ce qu’était cette eau, et la jeune fille le vit bien : “C’est l’eau qui empêche de mourir, vous ne le saviez pas ?”

2

Dans ma valise, il y aurait aussi une petite pièce de théâtre publiée aux éditions théâtrales jeunesse : L’Ogrelet de Suzanne Lebeau.

Nous voilà plongés dans un huis clos intense entre Simon, l’ogrelet, et sa mère. L’un, à la veille de faire sa première rentrée, se questionne sur qui il est vraiment, l’autre lui refuse toute vérité. Pour le protéger sans doute, mais de quoi ? C’est ce que l’on découvre au fur et à mesure que les scènes s’enchaînent, à travers une écriture surprenante, empreinte d’une poésie… sanglante et mystérieuse !

“Mon petit Ogrelet,
Je l’ai nourri de lait
Gavé de carottes et de navets
De bleuets sauvages
De gelée de roses.
Jamais il n’a senti l’odeur du sang frais.
Jamais il n’a tenu un os dans ses mains
Pas même les petits os de poulet.
Jamais il n’a goûté à de la viande crue.
Il est prêt pour l’école
Et son envie de lire est si grande. “

3

Dans ma valise, il y aurait aussi ce livre fabuleux que je me suis offert avec mon premier salaire : Princesses oubliées et inconnues de Philippe Lechermeeir et Rebecca Dautremer publié chez Gautier-Languereau.

Que j’ai aimé passionnément cette galerie de portraits de femmes toutes si particulières, si singulières ! Que j’ai aimé cette somme de personnalités improbables, toutes plus originales les unes que les autres. Un album qui m’a fait découvrir une illustratrice dont j’ai collectionné depuis tous les livres-papillons mais aussi un auteur d’une infinie poésie (vous l’aurez compris c’est le maître-mot de mes coups de cœur !)

Princesse d’Esperluette
“Dès qu’un repas ou un bal se termine, la princesse Louisette d’Esperluette prend la poudre d’escampette et monte les mille marches qui mènent à sa bibliothèque. Elle lit tout ce qu’elle trouve, des récits, de la poésie, de la philosophie, et des romans pleins de sornettes. Elle écrit aussi l’histoire de sa vie, sa biographie (pour l’instant, trois volumes de cinq cent quarante-sept pages). À la recherche d’une paire de lunette avec laquelle jamais ses yeux ne se fatigueraient. Rêve de journées découpées en chapitres auxquelles elle pourrait à chaque fois donner un titre. S’exprime en rimes, ne parle qu’en vers, connaît le dictionnaire par cœur.”

4

Dans ma valise, il y aurait aussi un documentaire, le portrait d’une “princesse” elle aussi si particulière, si singulière… Dans ma valise, il y aurait Malala, pour le droit des filles à l’éducation publié aux fabuleuses éditions Rue du monde.

Voilà un album qui nous raconte l’incroyable destinée de Malala Yousafzai, cette jeune fille pakistaine qui fêtera ses 19 ans dans 2 jours, le 12 Juillet, et qui lutte depuis son plus jeune âge pour le droit des filles à l’éducation partout dans le monde.

Au risque de sa vie.

Une femme qui inspire, qui interroge, qui bouscule. Qui nous invite tous à réfléchir à notre rôle de citoyen du monde.

“un enfant, un professeur, un livre, un crayon

peuvent changer le monde.”

5

Dans ma valise, enfin, il y aurait un recueil de poésie. Et oui c’était inévitable. Et ce serait Mon cœur a des dents de Bernard Friot.

Parce que voilà des textes qui crient, qui hurlent le quotidien adolescent, sauvagement, sur un rythme saccadé, sans fioritures.

“Mon cœur a des dents, des dents
il mord qui approche dévore ceux qui m’aiment
j’entends les os craquer les hurlements glacés des assassinés
c’est pas
appétissant
sage mon cœur sage
es-tu rassasié maintenant
cesse s’il te plaît de grincer
des dents
j’habite un ogre en mon sein
moi qui suis végétarien
c’est un peu
embarrassant
je vais l’entourer de fil barbelé planter une pancarte
attention danger
au moins vous serez prévenu
mon cœur minotaure en son labyrinthe
vous attend
à pleines dents”